Qu'est ce que la disjonction inter maxillaire ? Imprimer


  Ci-contre :
un exemple de disjonction intermaxillaire réalisée afin que l'arcade dentaire supérieure soit placée en position fonctionnelle.

 

Pourquoi opérer ?

Cette intervention apporte presque toujours une très grande satisfaction aux patients. Son résultat est essentiellement fonctionnel.
L’ostéotomie de disjonction du maxillaire a pour objectif d’élargir le maxillaire supérieur (augmenter le sens transversal) donc élargir l’arcade dentaire supérieure et le palais en cas de trouble de l’occlusion dentaire, de visage trop étroit. L’intervention chirurgicale permet d’obtenir une normalisation des rapports des maxillaires, de l’occlusion et du profil du visage. Auparavant, une étude, clinique, radiographique et des moulages des arcades dentaires, est toujours réalisée.

Le trouble de l’occlusion dentaire est lié au fait que le maxillaire supérieur est :
- trop étroit
- asymétrique
Les anomalies de l’occlusion dentaire ont des conséquences à court, moyen et long terme qu'il faut connaître car elles peuvent justifier l'intervention chirurgicale. En effet, cela peut entraîner :

  • Des risques importants de déchaussement et délabrement des dents entraînant leur perte précoce
  • Des anomalies des articulations des mâchoires (articulations temporo-mandibulaires) avec des douleurs des craquements, des claquements, des contractures musculaires
  • Une gène à l’alimentation ou à l’élocution
  • Un retentissement esthétique en cas d’anomalie importante de position du maxillaire supérieur
  • Une difficulté voire une impossibilité d’appareillage en cas de perte de toutes les dents
  • Un trouble respiratoire avec une respiration la bouche ouverte voir des ronflements

Généralement, l’ostéotomie du maxillaire supérieure est associée à une préparation orthodontique réalisée par un spécialiste en orthodontie. Elle consiste en la réalisation et la pose d’un disjoncteur au palais qui sera conservé 3 à 6 mois (1 mois d’activation et 3 mois de consolidation). Une finition post opératoire peut être nécessaire de manière à consolider le bénéfice de l’intervention chirurgicale. Dans certains cas, une ostéotomie d’avancée maxillaire est proposée ultérieurement.


Comment se déroule l’intervention ?

La durée prévisible d’hospitalisation est de 3 à 5 jours.
Vous serez hospitalisé le jour de l’intervention et vous reverrez votre chirurgien. N’hésitez pas à lui poser des questions sur l’intervention. Il vous sera demandé de vous doucher et de vous brosser les dents puis de rester strictement à jeun à partir de minuit (ni aliments, ni boissons, ni tabac) jusqu’à l’intervention.
Le lendemain, une prémédication vous sera donnée. Restez couché car vous risqueriez de chuter, du fait de la somnolence induite par la prémédication.
L'opération est pratiquée sous anesthésie générale et vous serez donc totalement endormi.

Il existe différentes techniques opératoires. Dans tous les cas, le maxillaire est abordé par des incisions de la muqueuse buccale donc dans la bouche : pas de cicatrice. L'os est coupé des deux côtés au-dessus des racines dentaires, puis séparé dans le palais. Le maxillaire est alors séparé en son centre.
Le maxillaire est stabilisé dans sa nouvelle position au moyen du disjoncteur préalablement posé.
Le disjoncteur vous sera retiré par votre orthodontiste à la fin du protocole (3 à 6 mois).



Les suites opératoires

Il faudra prévoir une alimentation liquide, puis mixée pendant 15 jours.
On observe après l’intervention des œdèmes des joues et des lèvres et, dans certains cas, des hématomes, qui disparaîtront en quelques jours.
Si vous avez des douleurs, elles pourront être traitées par des antalgiques.

Les premiers jours, des saignements modérés peuvent survenir au niveau de l’incision chirurgicale (sous la lèvre).
Lorsque la plaie a été recousue à l’aide de fils non résorbables, ceux-ci devront être retirés une fois la cicatrisation terminée.
Dans certains cas, des antibiotiques sont prescrits.

 

Les risques

Toute intervention chirurgicale comporte des risques, parfois effrayants, heureusement exceptionnels mais dont nous sommes tenus de vous informer. Il n'est bien sûr pas possible d'aborder ici de façon exhaustive tous les risques liés à une intervention sous anesthésie générale. Toutefois, nous abordons ici les principales complications et restons à votre disposition pour toute information ou explication complémentaire.

  • Saignements. Des saignements abondants sont rares au cours de l'intervention mais peuvent rendre exceptionnellement une transfusion de sang ou de dérivés sanguins nécessaire. Celle-ci peut être cause dans des cas extrêmement rares, de transmission d’infections dues par exemple aux virus de l’hépatite ou du SIDA. Des prélèvements sanguins pour autotransfusion permettent de se prémunir de ce risque mais ne sont pas toujours réalisables. En cas de saignements secondaires très importants, il peut être nécessaire de rouvrir la plaie, de réaliser un méchage ou une hémostase chirurgicale.
  • Inflammation / infection. De manière très rare, il peut se former malgré l’administration d’antibiotiques une inflammation ou une infection qui nécessitent un traitement spécifique : par exemple un abcès (collection purulente) devra être incisé. Dans des cas exceptionnels, le matériel étranger (pièces métalliques) implanté doit être retiré en raison d’une mauvaise tolérance.
  • Anesthésie de la lèvre supérieure ou des dents. Du fait du trajet des nerfs dans le maxillaire, des troubles de la sensibilité (sensation d’engourdissement, disparition complète de la sensibilité ou perceptions douloureuses…) peuvent survenir au niveau de la lèvre supérieure, des dents maxillaires, de la gencive et du palais.
  • Ces troubles disparaissent généralement complètement après quelques semaines ou mois. Il est rare que des troubles de la sensibilité soient définitifs après une ostéotomie du maxillaire supérieur.
  • Retard ou absence de cicatrisation osseuse. Il peut y avoir un retard ou une absence de consolidation osseuse. Dans ce cas, les dents devront être à nouveau solidarisées pour quelque temps. Une autre opération avec parfois une greffe osseuse sera éventuellement nécessaire.
  • Malposition et cicatrisation en mauvaise position. Après l'opération, l’occlusion dentaire peut différer de la position prévue. De petites divergences peuvent être tolérées. Lorsqu’il s’agit de petits décalages, le traitement peut simplement consister à replacer le maxillaire dans une bonne position au moyen de tractions élastiques, geste qui sera éventuellement renforcé par le meulage ciblé des dents. Si les déplacements sont importants, une ré-intervention peut être nécessaire.
  • Lésion de dents. Dans de très rares cas, des racines dentaires peuvent être lésées et nécessiter un traitement (résection apicale, dévitalisation, implant en cas de perte de dent…, etc.). Il arrive que certaines dents soient temporairement un peu sensibles après le meulage.
  • Sinusite maxillaire : La section du maxillaire passant par le sinus, des épisodes de sinusite peuvent survenir, ceci est rare.
  • Troubles de l’articulation temporo-mandibulaire. Des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire déjà présents peuvent persister ou apparaître après l’intervention. Il est rare qu’ils se poursuivent après le traitement orthodontique. Le cas échéant, d’autres gestes thérapeutiques seront nécessaires.
  • Troubles circulatoires. De manière extrêmement rare, des troubles circulatoires affectant le maxillaire supérieur peuvent survenir. Cela peut entraîner une rétraction de la gencive et la formation de poches dans l’os. Une nécrose partielle, ou dans des cas extrêmement rares, complète de la gencive, de l’os et de dents avec perte de dents peut survenir. Cette complication redoutable, car correspondant à une disparition de l'os opéré, est vraiment très exceptionnelle.
  • Récidive. Dans de très rares cas, une dégradation progressive de l’occlusion dentaire revenant en position de départ peut s’observer après l'opération (récidive). En cas de signes d’une modification de l’occlusion, il faut consulter votre chirurgien ou votre orthodontiste. Un traitement orthodontique et/ou chirurgical peut devenir nécessaire.

Ce que vous devez prévoir

  • L'arrêt de travail recommandé par votre chirurgien.
  • Ne pas prendre d'aspirine dans les 10 jours qui précèdent l'intervention (augmentation du risque d'hématome).
  • Vous rendre à la consultation d'anesthésie sur rendez-vous.
  • Prévoir des affaires de toilettes, un pyjama ou une robe de chambre.
  • Apporter vos médicaments si vous suivez un traitement médical.
  • Prévoir qu'une consultation postopératoire sera nécessaire vers le 7ème jour habituellement pour l'ablation éventuelle des fils, et un suivi médical de plusieurs mois.
  • Arrêter de fumer au moins dans la période péri opératoire.